• 23 juil.

Je croyais avoir laissé ma paix intérieure à Bali…

  • nobilet
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Depuis mon retour en France, il y a une image qui revient souvent.

Amed.

Cette petite ville au bord de la mer où j'ai ressenti quelque chose que je cherchais depuis longtemps : une paix intérieure.

Je me revois face à cette immensité, à écouter le bruit des vagues, à ralentir. Là-bas, quelque chose s'était apaisé en moi.

Comme si, pendant un instant, je n'avais plus besoin de chercher, de prévoir, d'anticiper. J'étais simplement là, présente.

Mais depuis mon retour, une question revient régulièrement.

Comment retrouver cette paix ici ?

Et c'est là que Madame Rigide et Madame Zen ont commencé à discuter en moi.

Madame Rigide a rapidement repris son rôle habituel.

🧍"Tu vois, c'était plus simple là-bas. Tu étais dans un autre environnement. Maintenant, il faut revenir à la réalité. Il faut avancer, construire, organiser, prévoir."

Et quelque part, elle n'avait pas complètement tort.

Madame Rigide est celle qui m'a permis d'avancer dans la vie. Elle est celle qui prévoit, qui structure, qui cherche des solutions.

Elle m'a protégée et elle m'a aidée à tenir debout dans des moments où je n'avais pas d'autre choix que d'être forte.

Mais parfois, elle oublie une chose essentielle. À force de vouloir sécuriser ma vie, elle peut m'empêcher de la vivre pleinement.

Alors Madame Zen est venue lui répondre doucement.

🧘"Et si la paix que tu as ressentie à Amed n'était pas liée au lieu ? Et si elle était déjà en toi ?"

Cette phrase m'a accompagnée parce qu'au fond, peut-être que le véritable voyage n'est pas de retrouver un endroit où nous étions bien. Mais c'est d'apprendre à créer cet espace intérieur, où que nous soyons.

Ces derniers mois, j'ai fait un choix important : préparer un nouveau départ, un projet qui me tient à cœur et un changement de vie.

Et bien sûr, Madame Rigide n'a pas tardé à poser ses questions.

🧍"Mais est-ce vraiment le bon choix ? Est-ce que tu ne serais pas encore en train de fuir ? Est-ce que tu ne cherches pas ailleurs ce que tu pourrais construire ici ?"

Et vous savez quoi ? Elle a raison de poser la question. Parce que parfois, nous avançons avec une belle intention… mais une partie de nous cherche aussi à échapper à quelque chose.

Alors j'ai appris à ne plus rejeter cette question. Je l'écoute et je l'accueille, comme je savais le dire très souvent en séances.

Mais je ne laisse plus Madame Rigide décider seule.

C'est là que Gwenaëlle intervient, et oui, moi entre Madame Rigide et Madame Zen.

Celle qui observe. Celle qui ressent. Celle qui choisit.

Aujourd'hui, je ne sais pas exactement où ce chemin va me mener.

Je ne saurai peut-être jamais si ce départ était une fuite ou un véritable appel.

Mais finalement, est-ce que nous avons toujours besoin de connaître la réponse avant de vivre une expérience ?

Peut-être que si ce projet se réalise, c'est qu'il y aura quelque chose à découvrir. Et s'il ne se réalise pas comme je l'imagine, alors il y aura peut-être quelque chose à comprendre ou à clôturer.

Je peux avancer sans avoir toutes les garanties et pour Madame Rigide, c'est un grand apprentissage.

À Bali, j'ai aussi rencontré une autre partie de moi : ma vulnérabilité. J'ai accepté de ne pas toujours être forte, d'écouter mes émotions, de reconnaître mes besoins.

Mais à mon retour, j'ai découvert un autre sujet : mon hyper-empathie. Cette capacité à ressentir profondément les autres.

Pendant longtemps, Madame Rigide a voulu me protéger de cela.

🧍"Tu ressens trop. Tu prends trop sur toi. Il faut mettre de la distance."

Et encore une fois, elle n'avait pas complètement tort parce qu'apprendre à poser des limites était nécessaire.

J'ai appris à me détacher, à ne pas porter ce qui ne m'appartenait pas.

Mais j'ai aussi découvert que ce détachement avait parfois un prix. À force de vouloir protéger mon cœur, j'avais aussi fermé une porte : la porte des liens.

La porte de cette connexion humaine qui est pourtant au centre de ce qui m'anime.

Alors Madame Zen est revenue doucement.

🧘"Et si la solution n'était pas de ressentir moins ? Et si c'était d'apprendre à ressentir autrement ?"

Je pouvais ne plus choisir entre être une éponge émotionnelle ou fermer son cœur mais trouver un équilibre, ressentir sans absorber et aimer sans se perdre.

Être présente pour l'autre sans m'abandonner moi-même.

Et je crois que c'est aussi pour cela que mon chemin personnel et mon activité sont intimement liés.

Je n'ai jamais eu envie d'accompagner les femmes pour qu'elles deviennent quelqu'un d'autre.

Au contraire, ce qui m'émerveille, c'est ce moment où une femme retrouve celle qu'elle est vraiment.

Celle qui était parfois cachée derrière les "il faut", derrière les responsabilités et les protections mises en place pour avancer.

Cette femme qui existe entre Madame Rigide et Madame Zen. Cette femme qui n'a pas besoin d'être réparée mais simplement d'être rencontrée.

Et si finalement, le plus grand voyage n'était pas celui qui m'attend ailleurs…Mais celui que je continue à faire à l'intérieur de moi ?

Pendant longtemps, j'ai cru qu'il fallait choisir : Choisir entre être forte ou vulnérable, entre écouter les autres ou m'écouter.

Entre avancer ou ralentir, entre tout contrôler ou tout abandonner, il n'y avait pas de choix à faire.

Mais peut-être que la vie ne nous demande pas de choisir, peut-être qu'elle nous invite simplement à faire la paix avec toutes les parties de nous.

Alors aujourd'hui, j'ai décidé de sortir mon arme secrète…Mon drapeau blanc.

Celui que Madame Rigide regarde encore avec un petit doute.

🧍"Attends… tu es sûre ? On abandonne comme ça ? Après toutes ces années à tout prévoir, tout anticiper, tout gérer ?"

Oui Madame Rigide, on abandonne la guerre mais pas la vie.

Et Madame Zen, installée tranquillement à côté, sourit.

🧘"Tu vois… il était temps."

Bon… je dois quand même reconnaître une chose, Madame Rigide a encore quelques réflexes et elle continue parfois à faire des listes pour savoir comment lâcher prise.

Oui, oui…Elle est capable de prévoir un planning pour être plus spontanée (Je crois qu'on a encore quelques discussions à avoir toutes les trois).

Alors voilà mon défi avant mon prochain départ qui approche.

👉Ne pas chercher à devenir une nouvelle version parfaite de moi-même, mais apprendre à vivre pleinement avec celle qui est déjà là avec mes forces, mes doutes, mes contradictions.

Avec Madame Rigide qui vérifiera probablement que le sac est bien fermé trois fois…Et Madame Zen qui lui rappellera qu'on peut aussi profiter du voyage.

Parce qu'au fond, peut-être que la paix intérieure n'est pas un endroit où l'on arrive, c'est un chemin que l'on apprend à habiter.

Et moi, je continue le mien avec Drapeau blanc à la main et le cœur un peu plus ouvert.

Et prête à découvrir ce que la prochaine étape de mon voyage intérieur va encore m'apprendre.

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