- 3 août
Il est temps de me délivrer…
- nobilet
- 0 comments
Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler à cœur ouvert.
Enfin… à cœur ouvert, selon Madame Zen.
Parce que, pour être tout à fait honnête, Madame Rigide aurait préféré que je garde tout ça pour moi.
🧍« Tu es certaine de vouloir raconter tout ça ? Les gens vont penser que tu es perdue… Tu accompagnes des femmes, tu dois montrer que tu maîtrises tout. »
Vous voyez… Elle est toujours là, mais aujourd'hui, je l'écoute autrement.
Pendant longtemps, j'ai cru que Madame Rigide était mon ennemie. En réalité, elle était mon garde du corps, elle m'a appris à être forte et à continuer quand j'étais épuisée.
À sourire quand j'avais envie de pleurer et à répondre : "Ça va très bien." alors que mon corps murmurait exactement l'inverse.
Elle voulait simplement m'éviter d'être blessée. Et, pendant toutes ces année, elle a fait son travail à merveille.
Pendant ce temps-là, Madame Zen ne disait presque rien, elle ne cherchait pas à convaincre.
Elle ne faisait pas de grands discours et elle attendait simplement que je sois prête.
Parce qu'au fond, ni Madame Rigide et ni Madame Zen ne sont faites pour conduire ma vie.
C'est moi qui tiens le volant.
C'est Gwenaëlle.
Ces derniers mois, je vous ai souvent parlé de cette période d'entre-deux où je suis revenue en France pour organiser mon prochain départ. Je croyais que je traversais une pause professionnelle. Je pensais qu'il fallait trouver un nouveau projet, réorganiser mon activité, créer davantage, faire autrement. Bref…Faire. Toujours faire.
Et là, Madame Rigide applaudissait.
🧍« Voilà ! Enfin une bonne idée. On va optimiser tout ça. On va faire un planning. Une stratégie. Trois tableaux Excel. Deux formations. Et on repart ! »
Le problème, c'est que mon corps ne voulait plus repartir, il voulait s'arrêter.
Et ça… Madame Rigide déteste profondément. Pour elle, ralentir est dangereux, se reposer est suspect.
Ne rien produire est presque un crime contre l'humanité.
Puis un jour, quelque chose s'est déplacé en moi.
Toute ma vie, j'ai pris soin des autres et je continuerai certainement car c'est inscrit dans mes cellules et parce que j'aime profondément accompagner, écouter et voir une personne retrouver son souffle.
Mais quelque chose a changé. J'ai perdu mon costume de guerrière.
Au début, j'ai paniqué, je croyais qu'on me l'avait volé.
Puis j'ai compris, je l'avais simplement déposé parce que je n'avais plus besoin d'être en guerre.
Le combat entre Madame Rigide et Madame Zen s'est arrêté. Le drapeau blanc est posé. Il n'y a plus une gagnante et une perdante.
Il y a deux parties de moi qui ont enfin compris qu'elles poursuivaient le même objectif c'est à dire me protéger.
L'une en contrôlant tout et l'autre en m'apprenant à respirer et être plus dans l'instant présent.
Et dans cette rencontre, une autre réalité est apparue. Pendant toutes ces années, j'avais dirigé mon empathie vers les autres et très peu vers moi.
Vers mon corps et cette sclérose en plaques que j'avais, sans vraiment m'en rendre compte, rangée dans un tiroir de ma vie.
Je vivais avec elle sans la regarder car une partie de moi l'avait combattu il y a 20 ans et ne voulait surtout pas reprendre un combat.
Je continuais d'avancer, je gérais comme toujours.
Mais je ne l'écoutais pas vraiment et je traduisais chacun de ses messages avec mon mental, donc avec mon histoire, mes peurs et mes anciennes blessures.
Et c'est parfaitement humain, notre cerveau est une formidable machine de survie.
Il retient plus facilement le danger que les moments heureux. Il fonctionne encore avec un logiciel vieux de plusieurs milliers d'années, comme si nous vivions encore dans une grotte.
Comme si un tigre à dents de sabre pouvait surgir derrière chaque buisson.
En 2026, le tigre a souvent changé de visage, Il s'appelle performance, rentabilité, contrôle. Et parfois, il porte même le masque du développement personnel.
Parce qu'il est possible de vouloir tellement évoluer, qu'on oublie simplement de s'aimer.
Aujourd'hui, pendant cette pause j'ai accueilli mon problème physique avec plus de douceur. Je fais de nombreux examens médicaux et curieusement, je ne suis pas dans la peur. Je suis dans l'écoute.
Je ne cherche plus à faire taire les symptômes mais je cherche à comprendre ce qu'ils racontent sans mon mental.
Je découvre que mon corps ne m'a jamais trahie, il m'a parlé encore et encore.
Mais vous connaissez la phrase : les cordonniers sont les plus mal chaussés.
Chaque matin, je remercie toujours la vie. Mais désormais, je me remercie aussi.
Je remercie mon corps d'avoir tenu malgré tout ce que je lui ai demandé.
Je remercie mes émotions d'avoir insisté lorsque je faisais semblant de ne rien entendre.
Et je remercie même…Oui, même…Madame Rigide.
Parce qu'au fond, elle ne voulait pas m'empêcher de vivre.
Elle voulait juste m'éviter de souffrir.
Aujourd'hui, je peux enfin lui dire avec tendresse :
🧍« Merci d'avoir veillé sur moi toutes ces années. Tu peux te reposer maintenant. Je prends le relais. »
Alors j'ai envie de vous poser une question :
👉Existe-t-il une partie de vous qui réclame votre attention depuis longtemps ?
Pas celle qui produit. Pas celle qui rassure tout le monde. Pas celle qui coche toutes les cases.
Mais celle qui murmure doucement :
"Écoute-moi… j'ai besoin de toi."
Peut-être que votre prochain pas ne consiste pas à faire davantage.
Peut-être qu'il consiste simplement à vous rencontrer.
Pour de vrai.