- 20 fév.
Madame Rigide et le droit de…
- Gwenaëlle.N
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Non.
Pas maintenant.
Pas comme ça.
Pas encore.
Madame Rigide a parlé.
Elle ne dit pas “tu n’as pas le droit”.
Elle dit :
“Ce n’est pas raisonnable.”
“Ce n’est pas le moment.”
“Tu devrais attendre.”
“Tu dois faire mieux.”
Et doucement…tu te retiens.
S’autoriser : ce mot paraît simple.
Mais pour beaucoup de femmes, il est immense.
S’autoriser à se reposer.
S’autoriser à dire non.
S’autoriser à changer d’avis.
S’autoriser à réussir.
S’autoriser à être visible.
S’autoriser à ne pas être parfaite.
Madame Rigide, elle, préfère le cadre.
Elle aime quand c’est validé.
Quand c’est mérité.
Quand c’est justifié.
Elle veut des preuves, des garanties et des certificats invisibles d’autorisation.
Alors elle contrôle.
Elle contrôle tes décisions.
Elle contrôle ton image.
Elle contrôle tes élans.
Et parfois…
elle contrôle même ton droit d’exister pleinement.
Je me suis longtemps interdit certaines choses. Je me disais que je devais encore travailler plus.
Encore me former.
Encore être “plus prête”.
Quand j’ai commencé à prendre la parole plus librement, à assumer davantage qui j’étais sur scène et dans mon travail, une petite voix me disait :
“Pour qui tu te prends ?”
“Tu es sûre que tu as le droit ?”
“Tu ne devrais pas être plus discrète ?”
Ce n’était pas un manque de capacité.
C’était un manque d’autorisation intérieure.
Et ce que j’ai compris, c’est que Madame Rigide ne cherchait pas à me bloquer.
Elle cherchait à m’éviter l’exposition, la critique et le rejet.
Elle voulait me protéger.
Mais à force de me protéger…elle me limitait.
Le contrôle donne l’illusion de sécurité.
Si je contrôle, je ne me trompe pas.
Si je contrôle, je ne déborde pas.
Si je contrôle, je ne dérange pas.
Mais à force de vouloir ne pas déranger…on s’efface.
On réduit ses élans, on retient ses envies et on attend une validation qui ne vient jamais vraiment.
Parce que le droit ne se donne pas, il se prend.
Madame Zen, elle, ne parle pas de mérite.
Elle parle d’élan.
Elle dit :
“Tu en as envie ?”
“Ça te fait vibrer ?”
“Ça t’appelle ?”
Elle ne promet pas que ce sera confortable mais elle promet que ce sera vivant.
Peut-être que le contrôle n’est pas notre véritable prison.
Peut-être que c’est la peur de perdre l’image que nous avons construite.
Nous croyons nous protéger en serrant les règles. En attendant d’être plus prêtes, plus légitimes, plus irréprochables.
Mais la vie ne demande pas un dossier complet pour commencer, elle demande une présence et un courage imparfait et une décision intérieure.
S’autoriser, ce n’est pas devenir irresponsable, c’est reconnaître que nous n’avons pas besoin d’être validées pour exister pleinement.
La question n’est peut-être pas :
“Est-ce que j’ai le droit ?”
Mais plutôt :
“Combien de temps encore vais-je attendre de me le donner ?”
Et si la liberté ne consistait pas à contrôler davantage…mais à relâcher suffisamment pour enfin être.
💫Ici, on ne cherche plus à mériter sa place. On l’habite.💫
❓ Quelques questions pour toi
Qu’est-ce que tu ne t’autorises pas en ce moment ?
Qui attend-tu pour te donner le feu vert ?
Si personne ne te jugeait, que ferais-tu différemment ?
De quoi Madame Rigide essaie-t-elle réellement de te protéger ?
💪Petit exercice -La permission
Écris cette phrase :
👉 “Je m’autorise à…”
Et termine-la 10 fois. Sans réfléchir.
Même si ça te paraît trop.
Même si ça te fait un peu peur.
Puis choisis une petite autorisation, pas la plus grande mais juste une.
Et pose un acte concret dans les 48 heures.
Un message.
Un non.
Un oui.
Une décision.
Un pas.
Déposer le drapeau blanc, ce n’est pas attendre d’être prête.
C’est accepter que tu as déjà le droit.