- 28 avr.
Enfin le calme… drapeau blanc hissé
- nobilet
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Mes valises étaient faites. Départ juste après avoir mangé à Ubud. Direction : trois heures de voiture.
Trois heures… avec un chauffeur Grab qui, visiblement, entretenait une relation très intime avec l’accélérateur. Madame Rigide, fidèle à elle-même, a immédiatement fait la tête. Mais bon… j’étais attachée, alors elle a fini par se calmer (contrainte et forcée, mais quand même).
Trois heures, c’est long, et en même temps… c’était beau. Des rizières à perte de vue, des montagnes majestueuses, une végétation presque indécente tellement elle est dense, et puis… la mer.
J’en ai pris plein les yeux. Et surtout, j’ai fait un choix : ne pas vivre ce moment à travers un écran, c'est à dire pas de téléphone greffé à la main.
Vous entendez bien : pas de photos pour prouver aux autres que “regardez, je vis un truc incroyable”.
Non.
J’ai décidé de photographier avec mon cœur et d’imprimer chaque image à l’intérieur de moi. Pourquoi ? Parce que vivre, ce n’est pas capturer, c’est ressentir.
(Et accessoirement, il existe des billets d’avion pour ceux qui veulent voir par eux-mêmes 😄)
J’avais choisi un hôtel les pieds dans l’eau. Enfin, dans ma tête, cela signifiait une chose très simple : fin de l’histoire des escaliers. Mince ma naïveté a refait surface.
J’ai bien discuté avec mon chauffeur, il m'appelait à la fin du voyage Mom. On a même négocié le retour ensemble. Et là… petite fierté intérieure, madame Rigide s’est redressée, sourire en coin : “Tu vois quand tu veux.”
Plus on avançait vers l’hôtel, plus quelque chose s’ouvrait en moi.
Des souvenirs de l’île de la Réunion…Des morceaux de vie, des sensations oubliées.
Et là, doucement… la joie est montée, madame Zen, elle, avait déjà quitté le sol depuis un moment, clairement en lévitation dans son petit nuage personnel.
Arrivée à l’hôtel, je sors de la voiture et je m’étire discrètement, histoire de ne pas ressembler à une mémé de 80 ans dès la première impression.
Le chauffeur sort mes valises…Et m’indique la réception.
Et là…Un escalier...Encore. Je vis un petit moment de solitude intérieure.
Mais cette fois… quelque chose avait changé car je me suis parlé à moi-même :
“Ça fait deux semaines que tu t’entraînes, c’est pas CET escalier qui va t’empêcher d’aller voir l’océan.”
Alors j’y suis allée. J’arrive à la réception et dans mon dos : l’océan. Juste ça déjà… ça valait tout.
On me donne ma clé, on m’accompagne et je passe devant les chambres face à la piscine : “Yes ! Trop bien !”
Ma chambre était… au premier étage. Bon jai quand même tenté, vraiment :
“Vous n’auriez pas une chambre au rez-de-chaussée par hasard ?”
Réponse : non. (Évidemment.)
Alors j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai monté cet escalier.
Et là…Surprise. C’était la première fois depuis le début du voyage que monter un escalier me remplissait de joie parce qu’en haut…il y avait l’océan juste devant moi et sur la gauche… la montagne. C’était magique.
Et là, fait exceptionnel :Madame Rigide… n’a rien dit. Silence radio. Et Madame Zen ?
Aux anges. Littéralement.
Je me suis posée, et pour la première fois depuis longtemps…le calme est arrivé. Vraiment, une vue qui m'éblouie : la piscine, la plage, l'océan et à ma gauche la montagne. Cette montagne qui représente un appui et une sécurité.
Devant moi, l’horizon : la liberté. J’avais trouvé ce dont j’avais besoin.
À Amed, pendant quelques jours…Madame Rigide et Madame Zen ont signé un accord historique : le drapeau blanc.
Plus de combat. Plus de tiraillement intérieur.
Juste… être là. Dans l’instant présent.
Faire… ou ne pas faire. Écouter mes envies. Mes besoins.
Et surtout…sortir de ce poids constant.
Même si Marcel était toujours là (oui, lui, il ne prend jamais de vacances),
ma difficulté à marcher n’était plus au centre de mes pensées.
Et ça…ça change tout.
J’aurais aimé que cette parenthèse dure éternellement.Mais bon…
on est d’accord mesdames : ce n’est pas un lieu qui crée cet état, c’est à moi de le cultiver partout. (Même quand il y a des escaliers… oui, oui.)
Amed, c’était une pause. Un endroit encore préservé, peu touristique.
Des Balinais toujours aussi doux.
Et… petit aveu : j’ai même fui les Français.
Oui.
J’avais envie de rester seule dans ma bulle, dans MON monde.
Mais voilà…même les parenthèses ont une fin.
J’ai même prolongé de deux nuits (on ne va pas se mentir, quand c’est bien… on reste 😄).
Mais il était temps.
Direction Canggu : la ville, le mouvement, la vie autrement.
Et… croyez-moi…les expériences qui m’attendaient là-bas allaient être… comment dire…mémorables.