- 14 juil.
Et si ce n'était pas la canicule qui t'étouffait ?
- nobilet
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Il fait chaud. Très chaud.
La météo annonce 36°C, mon appartement a décidé de battre un record personnel et, évidemment… je n'ai pas de climatisation.
Alors je transpire, je râle et je colle aux chaises. Je rêve secrètement d'aller vivre dans le rayon surgelés du supermarché.
Et là, une pensée me traverse : "C'est drôle… À Bali, il faisait parfois plus de 30 degrés avec une humidité incroyable. Pourtant, je ne ressentais pas cet étouffement."
Comment est-ce possible ? Quelques secondes plus tard, j'entends une voix que je connais par cœur.
Madame Rigide, installée dans un coin de mon cerveau, éventail à la main (parce qu'elle aussi a chaud, mais elle refuse de l'admettre).
🧍" Non mais tu ne vas quand même pas te plaindre ?
🧍Tu reviens de deux mois à Bali et tu repars en septembre.
🧍Tu te prends pour qui ? Les entrepreneurs, les vrais, ils travaillent.
🧍Tu crois que ton chiffre d'affaires va tomber du ciel ?
🧍Allez hop ! Tu restes dans ton appartement à cuire. Ça t'apprendra à vouloir des vacances.
🧍Et puis franchement… avec tout ce que tu as encore à faire, tu n'as pas le droit de ralentir."
Je la regarde. Enfin… j'essaie parce qu'elle parle tellement vite qu'elle ne me laisse même pas le temps de boire un verre d'eau.
Le plus fou ? C'est qu'il y a quelques années, je l'aurais crue et je me serais assise devant mon ordinateur, malgré les 36 degrés, en culpabilisant d'avoir simplement envie… de vivre.
Puis elle en remet une couche.
🧍"Tu crois vraiment que tu peux te débrouiller toute seule ?"
Aïe… Parce qu'au fond, ce n'est jamais seulement une histoire de météo. C'est cette sensation de ne jamais en faire assez, de devoir toujours prouver quelque chose, d'avoir du mal à demander de l'aide, de culpabiliser dès que l'on s'arrête.
Comme si le repos devait se mériter et si notre valeur dépendait de notre capacité à produire.
Et c'est là que je me suis posé une question :
Et si ce qui m'étouffait n'était pas uniquement la chaleur ?
Et si cette oppression venait aussi de tout ce que je porte sans même m'en rendre compte ?
→ Les responsabilités.
→ Les attentes.
→ Les injonctions.
→ Le besoin d'être forte.
→ Le besoin de tout gérer.
→ Le besoin de ne déranger personne.
Finalement, la culpabilité ressemble un peu à cette canicule. Au début, on s'y habitue et on se dit que ce n'est pas si grave.
Puis on se rend compte qu'on manque d'air.
Alors aujourd'hui, j'ai envie de te proposer une petite expérience.
Avant d'accuser la météo, demande-toi simplement :
Qu'est-ce qui m'étouffe vraiment en ce moment ?
Est-ce la chaleur… Ou cette petite voix qui répète sans cesse :
"Tu pourrais faire plus."
"Tu devrais être plus forte."
"Tu n'as pas le droit de ralentir."
À ce moment-là, Madame Rigide reprend la parole, sûre d'elle.
🧍Écoute, on a posé un planning. On s'y tient. On ne déroge pas.
🧍Les vacances, le repos, le plaisir… tout ça, ce sera plus tard. Quand tout sera terminé.
Je souris parce que je sais qu'avec Madame Rigide, "plus tard" n'arrive jamais.
C'est alors qu'une autre voix se fait entendre plus douce, calme...Madame Zen.
Elle ne crie pas et elle n'essaie pas de convaincre.
Elle murmure simplement :
🧘 Et si tu revenais ici… maintenant ? Regarde. Tu respires.
🧘 Le soleil chauffe déjà assez. Tu n'as pas besoin d'en rajouter à l'intérieur.
🧘 Le planning est un outil, pas une prison.
🧘La vie ne se vit pas par anticipation. Elle se vit dans l'instant présent.
Je prends une grande inspiration. La température n'a pas baissé et mon appartement ressemble toujours à un four.
Mais, à l'intérieur de moi… Il y a un peu plus d'espace et un peu plus d'air.
Parce qu'au fond, on croit souvent que l'on étouffe à cause de ce qui nous entoure. Alors que, bien souvent, c'est ce que l'on s'impose à l'intérieur qui nous coupe le souffle.
Et si aujourd'hui, tu laissais quelques minutes de repos à Madame Rigide… Pour permettre à Madame Zen de te rappeler quelque chose d'essentiel :
Tu n'as rien à prouver pour avoir le droit de vivre.